Le Tour de France a 100 ans
 

Un reportage des CM1 (juin 2003)

 

Le 21 Juillet 2003, le Tour arrive chez nous, à Luz Ardiden. 

L’occasion de souhaiter un bon anniversaire à ce géant du sport et de revenir sur son passé….

 

1903 : le premier tour de France

 par Marion Souberbielle, François Broueil-Nogué et Jérôme Lacroix

C’est le 1er Juillet 1903 que le Tour de France prend son envol. Il est organisé par le journal « l’auto » et son célèbre directeur Henri Desgranges. Soixante et un coureurs sont au départ à Montgeron dans la banlieue de Paris. Le parcours fait 2482 km en six longues étapes : Paris-Lyon; Lyon-Marseille; Marseille-Toulouse; Toulouse-Bordeaux; Bordeaux-Nantes et Nantes-Paris. A l’époque, les routes sont très mauvaises et souvent couvertes de boue, on est loin du goudron de maintenant ! En plus les vélos pèsent plus de 20 kilos et les coureurs mettent leurs boyaux autour des épaules en cas de crevaison ! Le premier vainqueur de l’histoire est un français, Maurice Garin, âgé de 32 ans, il a parcouru le Tour à la moyenne de 25,5 km/h. Seulement 21 coureurs ont réussi à rejoindre Paris.

 

Eugène Christophe, Monsieur déveine

Par Gladis Gilbert et Vincent Marchand envoyés spéciaux à Ste Marie de Campan

En 1913, Eugène Christophe s’inscrit dans la légende du Tour. Le 9 Juillet, la terrible étape Bayonne-Luchon franchissait les cols d’Aubisque, du Tourmalet, d’Aspin et du Peyresourde en file indienne. Au début de la descente du Tourmalet, Eugène Christophe casse sa fourche. Il doit la réparer tout seul (changer de machine était interdit à l’époque). A pied, vélo sur le dos, il dégringole les 16 km qui le sépare de Ste Marie de Campan. Il trouve une forge où pendant 4 heures il effectue sa réparation. Soudain, un commissaire de course le voit se faire aider par un enfant : il perd 3 heures de pénalité.

Six ans plus tard, en 1919, Eugène Christophe sera le premier coureur de l’histoire à porter le maillot jaune inventé cette année là. Mais dans l’avant dernière étape, à Raimes dans le nord, sa fourche se casse de nouveau sur les pavés. Pendant plus d’une heure il la répare encore et ne sera que troisième du tour. En 1922, à 37 ans, il affiche encore un profil de vainqueur, mais dans la descente enneigée du Galibier, cette fois-ci c’est son vélo qui casse !

 

Le Tourmalet

de nos envoyés spéciaux Mélanie Bourdère, Marine Tintet, Marco Laporte, Rémy Lafargue.

Ce col culmine à 2114 mètres d’altitude, il se situe dans le département des Hautes-Pyrénées et permet de faire communiquer le pays Toy à Bagnères de Bigorre et la vallée de Campan. Du côté de Luz, il fait 18 km avec une pente moyenne de 7,5 %. A l’opposée, par Ste Marie de Campan, la montée fait 16 km pour 8,5 %.  

 

La première fois que le tour de France est passé au col du Tourmalet c’était en 1910. Cette étape est partie de Luchon et l’arrivée était à Bayonne. Depuis, le tour y est passé 72 fois, un record ! Ce col est gravi chaque année par des centaines de cyclistes, un homme nommé Jean Mis l’a même grimpé 410 fois!

En 1925, sur le tour, il faisait tellement mauvais que les coureurs ont du passer le col avec le vélo sur le dos.   En 1964, c’est Poulidor et Bahamontes qui s’unissent pour lâcher Jacques Anquetil. Plus près de nous, c’est Indurain qui attaque en 1991 et file vers son premier maillot jaune, mais l’épisode le plus célèbre de l’histoire du Tourmalet s’est déroulé en 1913 avec Eugène Christophe…  

 

Le Dopage

Par Laurent Broueil-Nogué, Félix Cadiou et Etienne Suzac

Le dopage est très ancien, déjà dans les années 20, les coureurs prenaient des excitants. Nous allons vous citer quelques accidents survenus lors du Tour de France à cause du dopage:

 

En 1955, le breton Jean Malléjac défaille dans le Mont Ventoux et frôle la mort. Le médecin Dumas déclare : ce n’est pas aujourd’hui que l’on découvre que les coureurs font appel à des excitants.

En 1967, l’anglais Tom Simpson, toujours sur le Ventoux et sous une chaleur accablante est mort après avoir pris trop de produits dopants.

Moins dramatique, en 1978, le belge Michel Pollentier alors maillot Jaune, pour tromper le contrôle anti-dopage, cache une poire sous ses aisselles. La poire contenait de l’urine de quelqu’un d’autre qui ne s’était pas dopé. Mais le médecin trop prudent lui demande de se déshabiller, c’est là qu’il remarque la poire ! Pollentier est exclu de l’épreuve que gagnera Bernard Hinault (sa première victoire).

Plus près de nous, en 1998, l’équipe Festina de Richard Virenque est exclue du Tour après qu’un de ses soigneurs ait été arrêté à la douane avec une cargaison d’EPO (un produit qui permet de transporter plus d’oxygène dans le sang).

Aujourd’hui, les contrôles sont de plus en plus poussés et nombreux, mais on n’est pas certain malgré ça que le dopage ait disparu….

 

1985, première arrivée à Luz-Ardiden, le courage du grand Bernard Hinault

par nos reportersValentin Cazaux et Dimitri Stocker

 

En 1985, à 1 km de l’arrivée à Saint Etienne, Bernard Hinault porteur du maillot jaune dans le peloton s’est fracturé le nez en tombant sur une borne. Il franchit la ligne d’arrivée en sang et passe la nuit à l’hôpital de St Etienne. Le lendemain, il prend le départ de l’étape St-Etienne-Aurillac comme si de rien n’était alors que tout le monde annonçait son abandon. Il arriva jusqu’aux grandes Pyrénées où se déroulait l’étape Toulouse-Luz Ardiden avec les cols d’Aspin et du Tourmalet. Le Tourmalet est noyé dans la brume et le froid et Hinault se fait lâcher par ses adversaires dont l’américain Greg Lemond. Il a les yeux au beurre noir et le visage bleuit par les coups. Son maillot jaune ne tient plus qu’à un fil. Mais avec un grand courage Hinault réduit l’écart dans la montée de Luz Ardiden et sauve son maillot.

Il gagnera finalement son cinquième et dernier Tour de France. Un record !

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