Histoire du cirque

 

  Le mot cirque vient du latin circus : le cercle, symbole de l’infini et de l’union. Au cirque, les regards convergent vers le cercle lumineux de la piste, rien n’arrête le regard des spectateurs. Le temps et l’espace sont symboliquement sans limites.

Le cirque dans l’antiquité

  Chez les Romains, le cirque est un vaste édifice allongé dont la conception est empruntée à l’hippodrome Grec.

  A Rome, le plus ancien, le Circus Maximus a une capacité de plus de 350 000 spectateurs après les travaux de Jules César. Cet édifice est composé d’une arène de 634 m de long entourée de gradins pour accueillir le public.

  D’autres villes de l’ Empire Romain possèdent un cirque : Arles et Vienne en Gaule.

  Les jeux du cirque

  Selon la tradition, Romulus institue les jeux pour attirer les Sabines et procurer des épouses à ses compagnons. Pour les généraux et autres dictateurs de l’époque, les jeux permettent de s’attirer les faveurs des foules.

  Ces jeux n’ont pas le caractère meurtrier de la gladiature. Des scènes de bataille, des fresques historiques sont reproduites dans les cirques.

  Les combats des gladiateurs,

  la naumachie et les courses  de chars

Au début, des hommes (les bestiaires) affrontent à pied ou à cheval des bêtes féroces. Plus tard, les empereurs associent le public.

  La naumachie consiste à organiser, dans un bassin, un combat naval. L’arène est transformée en lac, César est le premier à réaliser ce genre de spectacle. Les combattants sont des prisonniers de guerre ou des criminels. Certaines naumachies peuvent compter jusqu’à 100 navires et 19 000 combattants.

 

  L’attraction principale du cirque est les courses de chars, la passion de ces courses suscitent des paris importants. Les cochers sont organisés en quatre factions ou écuries : la blanche, la rouge, la bleue et la verte. La popularité de ces factions enflamme des rivalités, de violentes émeutes éclatent, les gouvernants de l’époque encouragent ces passions du peuple.

  La fin des jeux du cirque

  A Byzance, les factions des courses de chars deviennent de véritables partis politiques. Mais le cirque spécifiquement romain est mise en cause par le christianisme à partir de Constantin. Les courses de chars disparaissent définitivement avec la conquête de Byzance par les croisés en 1204.

 

L’histoire du cirque : du Moyen-Âge au cirque contemporain

  Au Moyen-Âge, les bouffons, acrobates et mimes voyagent de château en château. Les foires apparaissent et les premières troupes d’artistes ambulants se créent.

 

  Le cirque en tant que genre particulier ne fait son apparition qu’à partir du XVIIIè siècle avec une forme de spectacle composé d’exercices d’adresse et de force, des numéros de clowns, de l’équitation et du dressage d’animaux, spectacle donné exclusivement dans une enceinte circulaire.

  C’est un anglais, Philip Astley, qui fonde en 1770, à Londres, le premier cirque moderne.

 

 La famille Dejean installe son cirque d’été sur les Champs-Élysées, qui deviendra le Cirque d’Hiver.

  Vers, 1835, le cirque ambulant prend son essor, complément indispensable au cirque stable ouvert pendant les mois d’hiver.

 Les grandes familles du cirque apparaissent au début du XXè siècle : Rancy, Gruss, Bouglione et Amar,… Par exemple, les Knie (Suisse) furent célèbres pour leurs numéros de funambulisme. Les frères Bouglione prennent la direction du Cirque d’Hiver en 1934...

  La réussite du monde du cirque est lié à trois éléments : le matériel publicitaire, la parade et la représentation.

  Les chapiteaux virent le jour en 1830, il peut accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs et trois pistes permettent de suivre trois spectacles différents.

Le public européen préfère le chapiteau à piste unique.

 

  Le cirque moderne

  Il fut fondé aux États-Unis  en 1871, avec son chapiteau géant, ses cavalcades, ses animaux, ses vedettes (Buffalo Bill). Le cirque moderne marqua un nouveau type de cirque basé sur d’énormes moyens financiers.

  A partir de 1900, ce cirque fut de plus en plus concurrencé par le music-hall. Les cirques artisanaux disparurent, seul, les grandes entreprises industrielles subsistèrent.

  Dans le cirque actuel, les arts équestres occupent une moindre part (exceptées quelques compagnies, comme celle de Bartabas, qui ne se consacrent qu’à cela).

  Depuis les années 1970-1980, un nouveau type de cirque se développe : le cirque contemporain.

 

  Le cirque contemporain

  Quatre grandes ruptures avec le cirque moderne ou  classique : la disparition des numéros de dressage d’animaux, la remise en cause de la piste et du chapiteau, la mise en œuvre d’une nouvelle dramaturgie et la multiplication des esthétiques.

  Le cirque contemporain s’affirme comme un cirque d’auteur, un nouveau cirque.

  Des compagnies indépendantes : Bartbas, Pierrot Bidon, Cirque Plume, Zingaro, Archaos et le Cirque Baroque se produisent dans les rues et renouvellent le théâtre forain.

  Les cirques proposent des visions nouvelles de la jonglerie, du clown, de l’acrobatie ou de l’art équestre. L’espace est divisé en deux comme au théâtre pour créer un rapport frontal entre les artistes et le public. Le crique traditionnel ne réfléchissaient pas à une suite logique entre les numéros. Le nouveau cirque tentera d’inventer une suite logique, une continuité (narrative, stylistique, chorégraphique) entre les numéros.

  Certaine compagnies proposent un spectacle mettant en scène une seule discipline : Vis à Vis (la jonglerie), les Arts sauts (le trapèze volant), les Nouveaux Nez (l’art clownesque).

 

Les principales attractions du cirque

  Les numéros équestres

Monter sur deux chevaux à la fois apparaît dans la seconde moitié du XVIIIè siècle. Ce numéro se perfectionne, les cavaliers exécutent des pantomimes (mimes) à cheval, de gracieux pas de deux, des sauts périlleux en passant d’un cheval à l’autre, une pyramide en équilibre sur plusieurs chevaux…

  Les numéros de voltige consiste à monter et à descendre tour à tour d’un cheval lancé au galop.

  Au cours de la seconde moitié du XIXè siècle, les numéros équestres évoluent vers des figures d’équitation classique ou des enchaînements d’exercices exécutés par des chevaux sans cavaliers.

  Le clown

  D’abord acrobate, il utilise son corps pour faire rire. De génération en génération se transmet le nom de célèbres clowns comme : Foottit, Popov, Grock et Fratellini.

  Le clown se généralise dans la seconde moitié du XIXè, inspiré par la tradition des enfarinés du Pont-Neuf, c’est un personnage maquillé de blanc.

  Très vite, le clown a un partenaire et forme un duo comique : le clown blanc reprend les traditions scéniques du théâtre de Shakespeare et l’Auguste cultive son aspect dépenaillé, la démesure de ses chaussures, l’extravagance de son manteau. L’anarchie joyeuse de l’Auguste tente de s’épanouir à l’ombre de la batte du clown blanc.

  Ce duo est complété par Monsieur Loyal, toujours en habit, incarnant la direction du cirque.

  Au fil du temps, les clowns sont une fois parleurs, une autre fois muets. Il ne s’agit pas de faire dans la finesse et la subtilité, mais de faire rire, vite et bien, avec un maximum d’effets visuels.

  Les acrobates

  Ils exécutent des exercices d’agilité physique. Il existe deux grands types d’acrobates : les « désossés » et les « barristes ».

  Les « désossés » représentent un genre de contorsionnistes et les « barristes » travaillent la barre fixe. Ces exercices restent proches de ceux effectués par les funambules traditionnels.

  Le trapèze volant est un travail de groupe, c’est une combinaison d’évolutions. La troupe est constituée d’un ou plusieurs porteurs et de voltigeurs, hommes ou femmes, qui multiplient les passages et sauts périlleux.

La ménagerie

  Au XXè siècle, la ménagerie est en pleine gloire. Elle se transforme progressivement d’un numéro purement équestre et acrobatique à un spectacle exotique, grâce à la présence d’animaux étrangers et féroces. Les dompteurs font exécuter à ses animaux des tours d’équilibristes.