Clochette, clochard

 

 Un conte musical des Ce2-Cm1 (2005)

 

Ce conte a été écrit dans le cadre d'un projet électro-acoustique (PAC) mené de janvier 2005 à décembre 2005. Nos partenaires étaient: la Maison de la Vallée de Luz avec l'intervention essentielle du compositeur André Dion. Merci aussi au sonnailleur Daban de Nay dont la visite des ateliers nous  a inspiré ce conte...

Janvier, février 2005, la classe de Philippe Lascombe lance le projet et collecte des sons dans le village de Luz, puis s'approprie l'outil informatique de traitement électro-acoustique.

Novembre- décembre 2005 cette même classe poursuit le projet avec leur nouvel enseignant Christophe Capestan en écrivant le Conte et en l'illustrant avec les productions sonores.

Ce conte musical dans une version réaménagée a été une des créations du Festival de Jazz: "Jazz à Luz" en juillet 2006.

Merci à tous...

 

 

 

Durée du conte: 20 minutes

A écouter ou télécharger au format mp3 (9Mo)

 

         Je m’appelle Clochette et, je suis née il y a 97 ans. J’ai été la première cloche fabriquée dans une fabrique de sonnailles à Nay dans les Pyrénées. Ma vie a été extraordinaire et je vais vous la raconter. Ouvrez grand vos oreilles…

 

J’ai vu le jour au fond d’un vieil atelier, on aurait dit une sombre forêt de machines prêtes à nous tuer et à nous dévorer. C’était un champ de bataille plein de toiles d’araignée. J’ai eu l’impression que les machines, sales et rouillées allaient me tuer…

Dans cet atelier tout n’était que coups de fusil, orage, batterie, coups de tonnerre, robots de guerre, mitraillettes…Je n’étais pas encore une sonnaille, j’étais juste une pauvre petite plaque de tôle qu’on martyrisait…

Et puis on m’a mis au four : orange…Rouge…Jaune…Bleu…Je suis un hippopotame sans tête ni patte , un cocon, de la pâte à modeler…Je suis dans un volcan, un feu, un micro onde.

…J’ai cru mourir dans la chaleur du four…Mais Plouf ! On m’a plongé dans un grand bassin rempli d’eau… Et Soudain, j’ai entendu une voix magnifique…..Pssst…….Pssssst……..Dong ! Dong ! Je n’étais plus toute seule ….Il me regardait…..Dong !

….Ding, ding ! J’ai répondu ….Rose ! Rose pâle ! Rose vif ! Rose éclatant ! Rose bonbon ! Rose tout court ! On était amoureux !  Il n’y avait pas de mot pour dire comme c’était beau, peut être : droum, miam-miam, mmmmmmmm, colounette et nacoujoleur et encore...

Tout est devenu alors comme un coucher de soleil, comme une nuit de pleine lune : j’avais rencontré Clochard.

Mais un jour, l’orage survint….   «  Macaréou….Macaréouuuu….Macaréou… ».Un vieux berger a acheté Clochard parce qu’il faisait un joli bruit…

Pleurnichlarme…je me sentais tout noirvent , tout sianakyl….Tout est devenu marron et noir, vert à pois blancs, comme dans une forêt sombre….

Tout n’était alors que misère et solitude …Mais un grand oiseau bleu m’ a attrapée par la poignée et emmenée loin de la fabrique…Rêvappel… Je m’envole.. Je voyage… J’ai l’espoir de revoir clochard…C’est un  VOYESPOIR …Boum ! L’oiseau me lâche au-dessus d’une ville : des voitures à cheval…Un violon…un Chat…un bébé…Une porte…des assiettes…des chaises…des paroles… « A table ! » Ça grince, ça crisse, ça craque, ça crie, ça grogne, ça pleure, ça s’agite…ça ronfle, ça miaule…« A table ! »

 

La vie était tellement dure dans cette ville que j’ai refusé de sonner. Alors mes patrons m’ont offerte à l’un de leurs amis et je suis repartie encore une foisEn deux temps, trois mouvements je me suis retrouvée accrochée au cou d’une brebis….

 

Où suis-je ? Qu’est ce que c’est que ça ? Des vamouches ? Des sommeigés ? Des vierseaux ? Des Moutours ? Des herbres ? C’est vert et blanc, c’est mystérieux, c’est étrange, c’est bizarre…Soudain, j’ai entendu un bruit de cloche : « c’est Clochard, j’en suis sûre ! » J’ai couru, couru pour le retrouver ! Mais ça n’était pas clochard mais une monscurité, une sorte de mitramonstre, un fantômort !… aaaaaaaaaahh ! C’était un chien féroce…

Ne faîtes pas toujours confiance à ce que vous entendez ou croyez entendre.

 

N’écoutez que votre cœur.

 

De peur je me suis enfuie à travers les montagnes accrochée au cou d’une brebis. On est parti loin, très loin au cœur des forêts, la pluie tombait comme une barbe dégoulinante descendue du ciel, on s’est assis au bord de l’eau…

 

- « Chut… fait un arbre, prends cette feuille et sèche tes yeux…

- Chuuuut… fait le ruisseau…donne moi tes larmes et je les emporterai loin dans la mer »…

Et puis dans la nuit noire, on a entendu les cris d’un berger qui nous cherchait. Il agitait une cloche… Nous sommes sauvés! Il ne faut jamais désespérer, on finit toujours par se retrouver ! Mais, Mais,  cette fois c'est sûr et certain c’est bien clochard ! C’est un vrai mirajoie à se casser les tympans ! Marimour, amounoce : nous ne nous séparerons plus clochard ! Oui, Clochette!

 

…Et la montagne devint la salle de concert de leur amour …  

 

Fin