Pyrénéisme

Au XIX ° siècle, avec le développement du thermalisme, de nombreux poètes, peintres ou écrivains viennent dans les Pyrénées et tombent amoureux de nos montagnes. Pour la première fois, les Pyrénées sont alors peintes, décrites ou racontées. De grands hommes de lettres, comme Victor Hugo, Chateaubriand ou Baudelaire ont ainsi chanté la beauté de nos sommets et de nos vallées.

Le  mot Pyrénéisme, lui, voit le jour en 1898, dans un livre de Béraldi « cent ans aux Pyrénées ». Pour lui, le pyrénéisme, c’est « ascensionner, sentir et écrire ». Autrement dit, il s’agit d’escalader les sommets, d’en percevoir toute leur beauté et de la raconter dans des livres. Le pyrénéiste type aurait donc des compétences multiples, il serait à la fois un scientifique, un artiste, un sportif avec un grand appétit de courses, et un explorateur désireux de partager ses découvertes. Ouf ! Pas facile d’être un Pyrénéiste ! C’est peut être pourquoi, des personnages comme Russell, Nansouty, Shrader ou Ramond de Carbonnières sont restés dans les mémoires…..

Le saviez-vous ?

 

Certains pyrénéistes ont tellement aimé nos montagnes qu’ils sont allés jusqu’à changer de nom. Il en est ainsi du peintre Gavarni, amoureux du fameux cirque.

 

Franz schrader, le géographe

François Shrader, dit Franz, naît à Bordeaux en 1844. Dès son plus jeune âge, il est très doué pour le dessin. C’est à 22 ans qu’il découvre les Pyrénées et c’est un vrai coup de foudre qui va changer sa vie. En 1872, il réalise une carte sur la région de Gavarnie et du Mont Perdu. Il décide alors de se lancer à fond dans le métier de topographe et fabrique lui-même ses instruments de mesure. Il est le premier à fabriquer des cartes détaillées. En 1880, il devient directeur de la cartographie chez Hachette et il éditera de nombreuses cartes et des atlas de plus en plus détaillés. Il était aussi un grand peintre, son œuvre compte plus de mille pièces, peintures, gravures et dessins. Le 18 Octobre 1924, Schrader meurt. Depuis 1927, il repose au Turon de Courade à Gavarnie 

« Quand la montagne vous a pris le cœur, tout vient d’elle et tout vous y ramène » 

Franz schrader

 

Célestin Passet

Le régional de l'étape...

Il est né à Gavarnie en 1845. D’abord agriculteur, il deviendra par la suite un des plus grands guides pyrénéens. A 27 ans, il réalise la première ascension du Mont Perdu par la face Est avec Henry Russell. Il voyagera ensuite à travers le, reste du monde, amenant des  clients en Europe, en Afrique et en Asie. Son exploit le plus remarquable fut l’ascension du couloir de Gaube en 1889.

 

Ramond de la Carbonnières 

Né en 1755, Louis-François Élisabeth Ramond de Carbonnières est connu dans les Pyrénées sous le nom de Ramond et une fleur porte d’ailleurs son prénom: la ramondia.

Ramond est souvent venu dans notre vallée et il est beaucoup resté à Barèges (de mai à décembre) à partir de 1793 jusqu’en 1806. Il était accompagné parfois de sa soeur Rosalie et du Cardinal de Rohan.

Sa promenade favorite était d’abord de monter au Pic du Midi afin de voir de face et de loin le Néouvielle, le Marboré etc... Ensuite, des guides l’accompagnaient et il faisait de nombreux croquis de montagnes, de sommets, il étudiait les plantes ainsi que les problèmes d’altimétrie.

la ramondia.

A cause de ses recherches sur l’altitude et de sa nomination de préfet du pays de Dôme à partir de 1806 il sera surnommé le préfet-baromètre après avoir été d’abord professeur de sciences naturelles à l’école centrale de TARBES jusqu’en 1800 et député des Hautes-Pyrénées ensuite.

Ramond a beaucoup parcouru les sommets Pyrénéens et il est allé jusqu’au Mont-Perdu (année 1802). Il lui arrivait même de dormir dans les fenils des granges mais il n’aimait cependant pas trop les granges des bergers parce qu’il les trouvait souvent sales et trop enfumées.

Ramond à travers tous ses écrits a permis de faire connaître et aimer les Pyrénées. Il est mort en 1827 et il est enterré au cimetière Montmartre à Paris.

Ramond a connu trois rois, une république et un empereur: qui dit mieux!

Ramond, le Pionnier

Par Julien, Jonathan et Loïc (2005)

C’est bien loin des Pyrénées que Louis François Ramond a vu le jour en 1755 : à Strasbourg ! Secrétaire du cardinal de Rohan, il découvre les Pyrénées en 1787 alors qu’il accompagnait son maître en cure à Barèges. Il aime marcher et il s’émerveille devant la beauté des paysages. Durant cet été 1787, il parcourt une grande partie des Pyrénées centrales, il racontera cette aventure dans un livre appelé « observation faite dans les Pyrénées ». La botanique le passionne et il répertorie plus de 800 espèces (une fleur porte d’ailleurs son nom, la ramondia). Devenu professeur de sciences naturelles à l’école centrale de Tarbes, il en profite pour approfondir sa connaissance des Pyrénées : dans ses carnets d’expédition, il note tout : plantes, alpinisme, minéraux, poésie, tout l’intéresse ! En 1797, il monte une expédition au Mont Perdu et  conquiert pour la première fois son sommet. Cette expédition est racontée dans son livre « voyages au Mont Perdu ». En 1827, cet infatigable explorateur et ce grand amoureux des Pyrénées meurt à Paris. Quelques années plus tard, d’autres pyrénéistes fondent la société Ramond afin de lui rendre hommage. Cette association de montagnards édite entre autres choses, de nombreux écrits sur les Pyrénées.

Plus de précisions sur Ramond : 

http://rectorat.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/picmidi/ramon/ramond1.htm

 

Le Général Nansouty

La tête dans les étoiles

Charles Champion du Bois de Nansouty (ouf !) un ancien général, mis à la retraite anticipée pour avoir refusé de tirer sur la foule, fut à l’origine d’une grande aventure scientifique : l’observatoire du Pic du Midi. En 1873, il installe un station météo au col de Sencours, 300 mètres sous le Pic. En 1878, avec l’aide de l’ingénieur Célestin Vaussenat, il  lance le chantier de l’observatoire du Pic qui sera terminé en 1882.

Henri Russel

Le seigneur du Vignemale

Une vraie fausse interview de Fanny, Claudine, Emilie, Lauriane et Vincent (2005)

C’est à la tombée du jour que nous avons rencontré Henry Russell, dans sa grotte du Vignemale. Il contemplait le soleil couchant et l’ombre qui lentement recouvrait les sommets….

La presse qui roule : bonjour Monsieur !

Henry Russell : appelez-moi Henry les enfants !

La P.Q.R : d’accord Monsieur ! Alors, en quelle année es-tu né ?

H.R : je suis né en 1834 à Toulouse, mais je suis d’origine irlandaise.

La P.Q.R : Henry, qu’est-ce que tu as fait pendant ta jeunesse ?

 

H.R : Pendant ma jeunesse ? Oh, j’ai beaucoup voyagé : à 23 ans, je suis parti en Amérique du Nord et en 1859, à 25 ans, j’ai fait le tour du monde !

La P.Q.R : le tour du monde ???

H.R : hé oui ! 65 000 km, avec la Marine, en traversant déserts et fleuves !

La P.Q.R : en quelle année as-tu découvert les Pyrénées ?

H.R : en 1858...Je m’en souviens comme si c’était hier...J’ai gravi le Mont Perdu, le Néouvielle, l’Ardiden...Tiens, d’ailleurs, savez-vous que je suis le premier à avoir escaladé l’Ardiden ?

La P.Q.R : tu as déjà eu peur en montagne ?

H.R : oh que oui ! Une fois je suis parti au Mont Perdu, tout seul depuis Luz...J’ai rencontré une tempête terrible et j’ai bien cru mourir !

La P.Q.R : et quand as-tu découvert le Vignemale ?

H.R : c’était en 1861 ! Avec Célestin Passet...Ah, quel souvenir ! Je suis tombé amoureux de cette montagne ce jour-là…

P.Q.R : amoureux ? Rien que ça ?

H.R : ben oui ! C’est tellement beau le Vignemale,regardez on dirait un trône où le soleil couchant vient se poser le soir. Et puis, ici on est tellement haut qu’on  pourrait presque parler avec les anges ! D’ailleurs, je l’aime tellement cette montagne que j’en ai fait ma maison…

P.Q.R : ta maison ? Comment ça ?

H.R : c’est simple ! J’ai fait creuser 7 grottes dans le Vignemale. La plus haute, la grotte Paradis est à 18 mètres du sommet.

P.Q.R : mais tu as fais ça tout seul ?

H.R : non, des ouvriers m’ont aidé. Il y avait d’ailleurs un forgeron de Gèdres.

P.Q.R : et tu ne t’ennuyais pas dans ces grottes ?

H.R : oh non, je n’y vivais que l’été ! En plus des amis venaient me voir, on a fait des sacrés fêtes là haut ! Je crois que c’est là que j’ai passé mes plus belles heures sur terre ! D’ailleurs, en 1884, j’ai fait bénir le Vignemale et en 1888, le préfet a accepté de me louer le massif pour une durée de 99 ans et pour la somme de 1 franc par an.

P.Q.R : en tout, tu es monté combien de fois au sommet ?

H.R : 33 fois ! D’ailleurs les enfants, je vais vous laisser, je crois que je vais le gravir une 34 ° fois !

Au revoir les enfants !

P.Q.R : au revoir Henry et merci !

« Les Pyrénées sont capables de donner aux saints du ciel la nostalgie de la terre »  

                                                                                        Henry Russell

panorama vu du Pic du Midi de Bigorre