La Taupe               

(reportage des ce2-cm1-automne 2008)

Horreur! Malheur, tout au long de l’année et de manière plus visible quand nos prés sont ras, Madame Taupe s’active et saccage nos beaux paysages avec ses monticules de belle terre! Les Ce2-Cm1 ont enquêté sur ce petit mammifère vraiment particulier. Ils se sont beaucoup aidé du journal « des terriers »: L’indispensable   « La Hulotte » et ont ramené une interview...

 

CE2-CM1: - Madame Bio Taupe, bonjour! Pouvez-vous vous présenter à nos internautes?

Madame Taupe B.: - C'est moi la taupe, l'animal le plus miro. C'est vrai que je n'y vois pas grand-chose... A quoi bon ? Je vis dans une galerie tel un mineur de fond. Croyez-vous que j'ai le temps de voir ce qu'il se passe là-haut ? Je travaille ! De jour comme de nuit, à raison de 4 heures de boulot, suivies de 4 heures de dodo. Quand je ne creuse pas mes galeries (une véritable toile sous terre de 250m), je chasse les insectes et surtout les vers de terre, mon pêché mignon...

CE2-CM1: - Ils vous traitent de monstre!
Mme TB: - Equipée de griffes antidérapantes, je suis tel un « tout terrain » qui déboule à fond la caisse : 1 m par seconde ! (C’est le Taupe-niveau!) Dès qu'un ver de terre se pointe dans ma galerie, je fonce les yeux fermés (même ouverts ça ne changerait rien) et, crac ! Je le mange.

Pour cela, j'ai recours à mes petites manies de célibataire : je le presse entre mes doigts pour faire sortir de son intestin l'humus. C'est plein de sable qui lime mes dents jusqu'aux gencives et je ne peux plus mastiquer. C'est pour ça que l'on ne vit pas plus de 4 ans en ce bas monde !

CE2-CM1: - Votre vaillance épate la galerie...
Mme TB: - Avec mes grosses pelles de devant, je creuse la terre et je la repousse vers l'arrière. D'abord la pelle droite, puis la pelle gauche ; j'alterne pour ne pas trop user le matériel du travailleur.

Dès que le tas de terre que je dégage derrière moi est en quantité suffisante, je me retourne, (parfaitement, je suis très souple) et je le pousse vers la sortie, soit 10, 20, voire 50cm au-dessus de ma tête. Je suis capable de pousser, à l'aide de ma large patte, jusqu'à 10 fois mon poids de terre vers la sortie, formant ainsi de jolies taupinières dont je suis assez fière...

CE2-CM1: - On dit que vous ne manquez pas d'air!
Mme TB: - J'ai effectivement eu écho de ma très mauvaise réputation auprès des jardiniers. Quand je pense à l'arsenal qu'ils mettent en place pour se débarrasser de moi...  Se rendent-ils compte que je laboure « gratos » leur terrain, l'affinant et l'aérant ? La terre de mes taupinières, fine et souple, est idéale pour réaliser des jardinières. En revanche, je me demande pourquoi ils enterrent dedans leur vaisselle cassée... JE NE SUIS PAS HEMOPHILE ! Nom d'une taupe ! Une légende d'humain. Vraiment, je préfère vivre seule au fond du trou que de supporter ces sauvageries.

Touche pas à ma taupe!

 D'ailleurs, avec mes deux gros airbags (je veux parler de mes poumons 2 fois plus gros que la normale) et de mon important volume de sang riche en hémoglobine, je supporte le manque d'oxygène (les lamas peuvent se rhabiller! A moi l’Aconcagua!).

CE2-CM1: - Vos conditions de vie sont dures...

Mme TB: Ce que je supporte le moins, c'est le ventre vide. L'été, en période de sécheresse, et l'hiver, avec le gel, les vers de terre se carapatent. Et moi, alors ! Qu'est-ce que je mange ? Heureusement, j'ai trouvé la solution. Telle Maïté devant ses fourneaux, je me mitonne des conserves de vers de terre. D'abord, je leur sectionne une partie de la tête. Privés de leur centre nerveux, ils sont paralysés un moment (« ça repousse »!) et je les emmène vivants dans mon garde-manger.

CE2-CM1: - Merci beaucoup, Madame, et bon appétit, bien sûr!

Mme TB: Merci les enfants, je vous offre un dernier ver?

 

Reproduction tolérée!

La taupe est un animal solitaire qui ne tolère les autres taupes qu'au moment de la reproduction. Les petits naissent au mois d'avril, elle les chasse au mois de juin. Les petits naissent sans poil avec déjà de grosses pattes. La mère les met au monde dans une chambre sans issue de secours, elle élève jusqu'à 4 petits.

Ses prédateurs sont l’Homme…, les rapaces (les chouettes surtout, faucons etc.)  et les petits carnassiers (renards, martres, chats - qui ne les mangent pas -  etc.) - car la taupe sort fugitivement pour glaner quelques feuilles afin de faire son nid et aussi - les jeunes -  pour chercher un nouveau territoire.